Marie a été en partie élevée par Michka sa voisine, femme brillante qui autrefois fut reporter et correctrice dans de grands journaux. La jeune femme veille aujourd’hui sur la vieille femme par amour et…par gratitude. Et puis un jour rien ne va plus. Michka n’est plus capable de rester seule dans son appartement. Peu à peu , elle perd ses mots, ses repères, son autonomie. Vient alors le jour où il faut pour la dernière fois, fermer la porte de son appartement pour aller vivre en EHPAD… là où tout semble «rétréci», étriqué. Aidée de Jérôme l’orthophoniste, elle va tenter de s’accrocher à la vie. Mais, de plus en plus, les mots trébuchent, se confondent, s’évaporent (les lapsus de la vieille femme portent souvent à sourire) mais elle trouve encore la force et la mémoire pour exprimer certaines volontés : retrouver un couple de personnes importantes à ses yeux ou voir Jérôme renouer avec son passé douloureux.

Ce lumineux roman, habité de silences bouleversants, est d’une écriture simple et tendre comme ses personnages et rappelle qu’il est des gratitudes parfois longues et difficiles à exprimer. Delphine de Vigan signe ici un très beau roman sur la vieillesse, empli d’humanité.

Un coup de cœur proposé par Sylvie (Bibliothèque de Montfarville)

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